Quel bonheur que de se sentir bien, joyeux, content, heureux quoi...
Pourquoi me sens-je comme ça ce matin (eh oui, pour une fois, le billet a été écrit au fil de l'eau, quasiment en direct !) ?
Plusieurs raisons :
Première raison : hier soir. Nous avons fêté le centenaire de notre entreprise. Magnifique soirée, organisée comme d'habitude avec grand soin : peu de parlottes, beaucoup d'animations entre les plats, un dessert au chocolat, un dance-floor jusqu’à très tard, et une ambiance, une joie d'être ensemble, des rires...
Ma RH était éblouissante de beauté et de vie, très stressée et fatiguée par l'organisation de la soirée, mais radieuse. Et j'ai retrouvé une amie qui a quitté la boîte depuis plusieurs années, mais qui, à mes yeux, incarne tout l'esprit de l'entreprise : compétence, mais aussi partage, bonne humeur, joie de vivre communicative.
Comment était-elle invitée ? Simplement grâce a son réseau d'ami(e)s restés dans la société. Et tout naturellement, je l'ai accaparée à ma table et nous avons bavardé et rigolé toute la soirée.
Je l'ai même déposée chez elle en fin de soirée (en tout bien tout honneur, juste pour lui éviter un taxi).
Quoique je suis sûr que ça alimentera quelques rumeurs lundi, car :
- elle n’était pas officiellement invitée
- j'étais un des seuls à savoir qu'elle venait
- ma femme n’était pas là
- nous avons passé la soirée ensemble
- nous sommes partis ensemble
Je verrai lundi l’étendue des dégâts...
Seconde raison, plus profonde, pour laquelle je me sens bien :
Ma RH m'avait lancé en début d'année sur un programme de tutorat avec un jeune sorti d’école (un polytechnicien d'ailleurs, juste pour montrer le niveau du bonhomme).
J'avais jusqu’à présent compris ça comme un simple parcours de formation pour jeune embauché, mais jeudi et vendredi dernier, j'ai participé à la journée d'accueil des jeunes de la "promotion 2013", qui était doublée d'une journée de formation pour les tuteurs. Et j'ai découvert que je faisais partie des 30 tuteurs repartis sur la France entière, chacun étant charge d’établir un vrai lien de transmission de savoirs et de valeurs avec le jeune sous sa responsabilité.
Ajouté à cela, le fait que ce programme, identifié comme un révélateur de talents, a pour but de former dès l’entrée dans le groupe les futurs chefs d'agence et de secteur ; l'importance des moyens mis à disposition (présence quasi constante des Directeurs France du groupe pendant la formation (et une journée de mecs comme ça, ça coûte !)), qualité de l'organisation (tuteurs venus de la France entière, logés à l’hôtel), ouverture sur la transversalité du groupe, de ses métiers, de son engagement sociétal fort, etc...) ; tout ça montre un vrai programme "de luxe" destiné à former les futures élites.
De cette prise de conscience découle une réflexion, que j'ai retrouvée à l'identique chez mon jeune : est-ce que je mérite vraiment tout ce déploiement de moyens et de confiance ? Mon avis est que oui, lui le mérite pleinement parce qu'il allie une vitesse de compréhension et de travail ahurissante, avec un contact, un sens de l'humain et une humilité magiques.
Mais du coup, je me retrouve avec une mission plus lourde que je l'imaginais : non plus seulement lui apprendre un métier, mais transmettre des valeurs, un esprit, un savoir-être qui lui permettra de se développer et de grandir professionnellement.
Au cours de la soirée, quand j'ai croisé ma RH et qu'elle m'a demandé ce que je pensais de cette journée de présentation, je lui ai répondu, avec tout le pathos dont je suis capable :
- Le programme de tutorat ? Je n'ai qu'un seul mot...
Et après un court silence :
- Merci !
La joie qui a traversé ses yeux, son regard brillant, son sourire heureux m'ont encore plus envie de la serrer dans mes bras (je me suis retenu)... Que voulez-vous, je ne déteste pas ménager quelques effets...





