
Comment vous parler de nos vacances en Inde ?
Le sujet est tellement vaste, le dépaysement si total, que l'approche en est difficile.
D'abord un mot sur le type de vacances qu'on avait choisi, puis je vous expliquerai quelques thèmes marquants.
Ma femme et moi avions sélectionné une zone pas spécialement touristique : Bombay et sa région (il faut savoir que les zones les plus touristiques de l'Inde se trouvent au nord, entre le Radjasthan et Delhi, ou bien complètement au sud, sur les plages de Goa). De là, j'avais préparé un parcours qui allierait des points culturellement intéressants (pour les grands) et des moments plus ludiques (pour le petit).
De fait, nous n'avons croisé que très peu d'occidentaux, principalement des Américains ou des Français (allez dans les coins les plus paumés de la Terre, et si vous rencontrez des occidentaux, ce sera des Français - du moins d'après mon expérience !). En revanche, on s'est rendu compte que la classe moyenne indienne visite beaucoup son patrimoine, davantage que des Thaïlandais ou des Egyptiens par exemple...
Maintenant qu'est-ce qui m'a le plus frappé ?
Pleins de choses, mais la circulation automobile est incroyable par exemple.
J'ai pu noter deux règles uniques pour gérer le flux routier, la première est absolue, la seconde seulement majoritaire :
1/ Le klaxon remplace à la fois le rétroviseur, le clignotant, l'avertisseur, mais aussi signale que l'on double quelque chose ou quelqu'un, que l'on croise un piéton, un vélo, un rickshaw, des animaux ou un péage.
2/ La plupart du temps, les véhicules s'évitent en serrant leur gauche.
Si vous savez appliquer simplement ces deux règles, vous savez conduire en Inde. Si en France la vue est essentielle pour conduire, en Inde elle s'efface de loin devant l'ouïe.
Inutile de vous dire que la voiture que nous avons louée étaitconduite manœuvrée guidée par un chauffeur. Un grand merci au passage à Estamine, qui avait fini de me convaincre de dégoter une voiture sur place, et de ne pas réserver tous les hôtels à l'avance.
Notre chauffeur, qui s'appelait Jagdesh, est une excellente transition pour un autre point qui m'a étonné : la langue.
J'étais parti en Inde absolument persuadé que la grande majorité des Indiens parlait comme Shakespeare, et le reste comme un voyou du Bronx.
Eh bien il n'en est rien ! Les professions en rapport avec les touristes (commerçants, hôteliers) maîtrisent parfaitement l'anglais. Les employés aux guichets, c'est déjà plus dur. Mais les taxis, chauffeurs en tout genre (dont notre cher Jagdesh), employés d'hôtel, etc... C'est beaucoup plus dur !
Je me suis rendu compte en milieu de séjour que j'étais bien mieux compris si je parlais anglais en roulant les "R" !
- Strrrraight ahead ! On the rrrrright ! Yes herrre !
C'était un plaisir que je n'avais jamais goûté, et qui aurait sans doute fait vomir mon regretté professeur d'anglais d'école d'ingénieur, un Anglais pure souche oh so British !
Il faut avouer aussi que leur accent est à tout le moins déroutant. J'avoue humblement en être parfois arrivé à me demander en quelle langue ils me parlaient, anglais ou hindi...
C'est une partie un peu regrettable de notre voyage : cette difficulté de conversation avec notre chauffeur, avec lequel nous avons passé de longues heures, qui auraient été pu être tellement instructives !
Il était très ouvert d'esprit, nous a suivi dans beaucoup de visites du patrimoine indien, même quand il s'agissait de sanctuaires musulmans ou de temples bouddhistes (il était hindouiste). Nous avons laborieusement appris qu'il avait deux enfants, qu'il venait de la région de Jaipur, et... Et c'est tout en huit jours !
Il faut dire que c'est vite devenu évident qu'il n'était pas natif du Marashtra. A l'annonce de chaque nouvelle destination, il s'arrêtait pour demander son chemin. Et ça une dizaine de fois par jour... Le moment le plus difficile de communication a été celui où je lui ai demandé (avec force signes aussi) le temps de trajet entre Aurangabad et Murud. Je ne voulais pas arriver de nuit là bas, et je voulais donc caler l'heure de départ.
C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu'il ne savait quasiment pas où il était (Aurangabad certes, mais géographiquement aucune idée), qu'il n'avait jamais entendu parler de l'endroit où l'on allait, et qu'il ne savait pas lire une carte ! D'où une longue demi-heure passée à la réception de l'hôtel pour avoir un traducteur, et surtout pour qu'il comprenne ! Pour rajouter de l'incongru à la situation, il faut dire que l'hôtel était un 3 ou 4 étoiles, avec autant de personnel que de marbre partout, et que j'ai réquisitionné (par hasard) le gérant lui-même !
Ils ont vraiment dû se dire : "Mais quelle paire de guignols ces deux-là !"
Ah Non ! Ouf ! Ils ne peuvent pas connaitre guignol, puisque c'est du folklore français... Sauvé !
Je sens que j'ai été très négatif aujourd'hui, et cela ne retranscrit pas du tout le merveilleux voyage que l'on a fait. Une autre fois, je vous expliquerais pourquoi l'Inde est un morceau de paradis tombé sur Terre...
Le sujet est tellement vaste, le dépaysement si total, que l'approche en est difficile.
D'abord un mot sur le type de vacances qu'on avait choisi, puis je vous expliquerai quelques thèmes marquants.
Ma femme et moi avions sélectionné une zone pas spécialement touristique : Bombay et sa région (il faut savoir que les zones les plus touristiques de l'Inde se trouvent au nord, entre le Radjasthan et Delhi, ou bien complètement au sud, sur les plages de Goa). De là, j'avais préparé un parcours qui allierait des points culturellement intéressants (pour les grands) et des moments plus ludiques (pour le petit).
De fait, nous n'avons croisé que très peu d'occidentaux, principalement des Américains ou des Français (allez dans les coins les plus paumés de la Terre, et si vous rencontrez des occidentaux, ce sera des Français - du moins d'après mon expérience !). En revanche, on s'est rendu compte que la classe moyenne indienne visite beaucoup son patrimoine, davantage que des Thaïlandais ou des Egyptiens par exemple...
Maintenant qu'est-ce qui m'a le plus frappé ?
Pleins de choses, mais la circulation automobile est incroyable par exemple.
J'ai pu noter deux règles uniques pour gérer le flux routier, la première est absolue, la seconde seulement majoritaire :
1/ Le klaxon remplace à la fois le rétroviseur, le clignotant, l'avertisseur, mais aussi signale que l'on double quelque chose ou quelqu'un, que l'on croise un piéton, un vélo, un rickshaw, des animaux ou un péage.
2/ La plupart du temps, les véhicules s'évitent en serrant leur gauche.
Si vous savez appliquer simplement ces deux règles, vous savez conduire en Inde. Si en France la vue est essentielle pour conduire, en Inde elle s'efface de loin devant l'ouïe.
Inutile de vous dire que la voiture que nous avons louée était
Notre chauffeur, qui s'appelait Jagdesh, est une excellente transition pour un autre point qui m'a étonné : la langue.
J'étais parti en Inde absolument persuadé que la grande majorité des Indiens parlait comme Shakespeare, et le reste comme un voyou du Bronx.
Eh bien il n'en est rien ! Les professions en rapport avec les touristes (commerçants, hôteliers) maîtrisent parfaitement l'anglais. Les employés aux guichets, c'est déjà plus dur. Mais les taxis, chauffeurs en tout genre (dont notre cher Jagdesh), employés d'hôtel, etc... C'est beaucoup plus dur !
Je me suis rendu compte en milieu de séjour que j'étais bien mieux compris si je parlais anglais en roulant les "R" !
- Strrrraight ahead ! On the rrrrright ! Yes herrre !
C'était un plaisir que je n'avais jamais goûté, et qui aurait sans doute fait vomir mon regretté professeur d'anglais d'école d'ingénieur, un Anglais pure souche oh so British !
Il faut avouer aussi que leur accent est à tout le moins déroutant. J'avoue humblement en être parfois arrivé à me demander en quelle langue ils me parlaient, anglais ou hindi...
C'est une partie un peu regrettable de notre voyage : cette difficulté de conversation avec notre chauffeur, avec lequel nous avons passé de longues heures, qui auraient été pu être tellement instructives !
Il était très ouvert d'esprit, nous a suivi dans beaucoup de visites du patrimoine indien, même quand il s'agissait de sanctuaires musulmans ou de temples bouddhistes (il était hindouiste). Nous avons laborieusement appris qu'il avait deux enfants, qu'il venait de la région de Jaipur, et... Et c'est tout en huit jours !
Il faut dire que c'est vite devenu évident qu'il n'était pas natif du Marashtra. A l'annonce de chaque nouvelle destination, il s'arrêtait pour demander son chemin. Et ça une dizaine de fois par jour... Le moment le plus difficile de communication a été celui où je lui ai demandé (avec force signes aussi) le temps de trajet entre Aurangabad et Murud. Je ne voulais pas arriver de nuit là bas, et je voulais donc caler l'heure de départ.
C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu'il ne savait quasiment pas où il était (Aurangabad certes, mais géographiquement aucune idée), qu'il n'avait jamais entendu parler de l'endroit où l'on allait, et qu'il ne savait pas lire une carte ! D'où une longue demi-heure passée à la réception de l'hôtel pour avoir un traducteur, et surtout pour qu'il comprenne ! Pour rajouter de l'incongru à la situation, il faut dire que l'hôtel était un 3 ou 4 étoiles, avec autant de personnel que de marbre partout, et que j'ai réquisitionné (par hasard) le gérant lui-même !
Ils ont vraiment dû se dire : "Mais quelle paire de guignols ces deux-là !"
Ah Non ! Ouf ! Ils ne peuvent pas connaitre guignol, puisque c'est du folklore français... Sauvé !
Je sens que j'ai été très négatif aujourd'hui, et cela ne retranscrit pas du tout le merveilleux voyage que l'on a fait. Une autre fois, je vous expliquerais pourquoi l'Inde est un morceau de paradis tombé sur Terre...
10 commentaires:
c'est une première approche qui ne m'étonne qu'à moitié !très pragmatique !!
tu me fais vraiment rire et je te trouve touchant :)
n'empêche ton récit me fait déjà partir et quand je lis ton billet,je me vois dans cette voiture ou dans ce hall d'hotel :)
j'attend la suite avec impatience.et je crois que je vais devoir mettre l'Inde dasn un prochain projet de voyage!
J'adore ton sens du détail.. Au final on arrive comme le dit Virginie à vivre les choses avec toi... Tu m'as permis de voir la circulation made in Inde... C'est folklo... Maintenant je suppose que vos sens sont tous en éveil! :)
@Virginie : Oh si tu peux aller en Inde, n'hésite pas !
Vends voiture, enfants, parents si besoin, mais ça vaut le coup !
C'est un pays magnifique !
J'espère que je pourrais vous décrire dans le prochain billet combien ça m'a plu, mais c'est toujours plus difficile d'expliquer ce qui plait que ce qui ne plait pas...
@Dominique : Mon fils m'a fait samedi la réflexion : "Ici, on peut même marcher en plein milieu de la route. Alors qu'en Inde, on serait déjà écrabouillés !"
Ce qui est incroyable dans la circulation indienne, c'est la lutte constante entre tous les protagonistes : le plus gros gagne toujours, mais le plus petit tente toujours.
C'est vrai entre piétons et voitures, entre voitures et camions, entre rickshaws (sorte de tricycle-taxi à moteur) et voitures...
J'ai des amis qui ont beaucoup voyagé , ils partaient parfois un an , six mois , à vélo et au retour , les gens leur demandaient
"alors ce voyage ? "
Ils étaient souvent bien en peine de pouvoir en parler comme ça , en quelques mots
Et puis plus tard , par brides ils nous racontent leurs aventures et je me réglae , moi qui n'ai pas l'äme d'une aventurière
J'imagine bien que tu auras besoin de temps pour digerer ce que tu as vécu en Inde , un tel dépaysement , les odeurs , les couleurs , le rythme de la rue , les gens ...
J'aime bien quand tu racontes comme ça , un tout petit aspect , et puis il y en aura d'autres
Tu nous raconteras aussi les souvenirs que ton fils aura gardés ,
C'est chou... "écrabouillés!".
ça lui fera de beau souvenirs!
@Jeanne : Je ne crois pas qu'un résumé froid et systématique (genre : Jour 1 14h45 - Visite de la mosquée machin...) soit intéressant, même si ça serait le plus facile pour moi.
C'est le côté second degré, les impressions, les découvertes, les réactions qui peuvent vous interpeler, vous intéresser.
Prochaine étape bientôt !
@Dominique : Bon, cas de conscience... Parce qu'en fait je ne me souviens pas vraiment de ses mots exacts. Et que "Ecrabouillé" ça vient plus de moi que de lui... C'est chou quand même ?
moui c'est tres difficile de 'faire passer' un voyage. Souvent dans le feu de l'action je me dis ah je raconterai ce que j'ai ressenti/vu/dit/entendu/vecu dans telle ou telle occasion/situation. Et puis hors contexte ca ne le fait plus, ca tombe a plat. Alors du coup je fais simple, court et succint. Le reste, l'essentiel, je le garde.
pourquoi pas:)
@Nine : Mais c'est tellement frustrant de faire court et succint ! J'ai envie de faire partager tous les bonheurs/découvertes/plaisirs/surprises que j'ai eus...
@Anonyme : Parlons-en ailleurs qu'ici... Mais pour ça il faut que tu répondes à mes mails !
Bon, j'ai parfois travaillé avec des indiens (en Angleterre c'est très fréquent) donc j'imagine assez bien la difficulté. Mais je n'avais pas remarqué spécifiquement que le fait de rouler les "r" aidait....
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