vendredi 4 décembre 2009

Inde troisième



Je sais, je travaille toujours autant mes titres...
La première qui fait une réflexion... ben... tant pis pour elle, na !

Dans notre parcours en Inde, il y a deux volets complètement dissociables.
D'un côté Bombay, l'immense métropole, à la densité de gens impressionnante, à la circulation et au bruit (c'est pareil) assourdissants, à la pauvreté omniprésente.
De l'autre côté, le reste de l'Etat du Maharashtra, aux grandes étendues vallonnées, aux paysages éblouissants, à la diversité envoûtante.



Bombay, nous l'avons vécu de l'intérieur, navigant d'un point à un autre en taxi ou en train.
Ah ! Ce train !
Mon fils a adoré notre (modeste) voyage en train. Nous l'avons pris du sud de Bombay, là où nous logions (la gare de départ en fait, et ce détail a toute son importance) pour nous rendre à Borivari, gare à environ 25 km au nord, toujours à Bombay - une heure de trajet environ...



Il faut louer le système de train indien. Les billets sont très faciles à prendre, les files d'attente impeccablement alignées (rien à voir avec nos queues en amas à la française où on est obligé d'être parqués pour être disciplinés). Certes, la voie de départ est difficile à deviner, surtout quand elle est écrite en Hindi...
Nous nous sommes assis dans le train, dans un wagon quasi vide (pas ceux réservés aux femmes, j'avais fait attention). Le train est parti, impossible de savoir s'il était à l'heure ou pas, puisque je n'arrivais pas à décrypter le panneau d'affichage.
Au bout de quelques stations, il s'est rempli. Quelques stations plus loin, il s'est bourré. Encore quelques arrêts, et les gens étaient entassés, empilés, compressés... Pire qu'un métro à Paris un jour de grève !

Les portes ne se fermant jamais (même quand le wagon est vide, d'ailleurs), les voyageurs débordaient largement à l'extérieur. Ils n'étaient plus raccordés au train que par un pied et une main. Et mon fils, coincé contre la fenêtre (nous étions assis sur une banquette de 3 places... au début, puis de 4, pour finir assis à 5. Donc forcément l'espace vital diminue d'autant), prenait un plaisir particulier à faire des coucous aux voyageurs suspendus de l'autre côté de la fenêtre. Lesquels rigolaient et renvoyaient le sourire.

Au retour, le moment de monter dans le wagon étant repéré comme stratégique, j'ai agrippé mon gamin et je l'ai propulsé dans la cohue, mettant à profit toute mon expérience des transports parisiens. Objectif pleinement atteint, puisqu'on a même réussi à être assis au retour !



En dehors de Bombay en revanche, nous avions opté pour la totale liberté de mouvement qu'offrait une voiture de location. Du coup, nous avons changé de niveau d'immersion dans la vie indienne. Nous n'étions plus des touristes noyés au milieu des locaux, nous étions des touristes "hauts-de-gamme" qui fréquentions des hôtels de luxe.
Et quel luxe !

La saison, encore très peu touristique, et le parcours, pas toujours traditionnel, et surtout le fait d'arriver le soir même, nous ont permis d'avoir une puissance de négociation très agréable.
Comment peut réagir un gérant d'un hôtel d'une centaine de chambres, dont 4 sont actuellement prises, quand arrive un touriste qui propose de rester 3 nuits, de payer cash en avance, et qui sait pertinemment que d'autres hôtels en ville seraient ravis de le recevoir ? Il est forcé de casser les prix. Le maximum que j'ai obtenu : 60% de rabais sur le prix affiché (au bout d'une demi-heure de lutte, et un jeu intéressant avec le silence). Par principe, les hôtels, voitures (j'ai dépensé moins de 50% du budget que j'avais prévu pour le poste voiture !) et autres prestations "complexes" sont de mon ressort pour la négociation. Au marché et dans les boutiques, ma femme est dans son élément, et je la trouve à chaque fois impressionnante.



Le Maharashtra est une région splendide ! Fortement vallonnée, avec une altitude maximum de l'ordre de 1500 m, elle a pourtant des falaises abruptes qui permettent de dévoiler, au détour d'une route en lacets, la profondeur poignante d'un paysage verdoyant, aussi sauvage et aussi pur que si l'homme ne l'avait jamais approché. Les forêts éclatantes qui recouvrent des collines entières aussi parfaitement qu'une mousse sur une pierre ; les rivières serpentantes qui trouvent leur source dans de tumultueux torrents brisés par leur longue chute le long des rochers à pic ; les pitons escarpés qui surgissent, nus et primitifs, accrochés d'un bras de pierre à leur falaise-mère ; tout autour de nous mène à l'admiration et au rêve, immergés dans tant de splendeur.

Aucune photo, aucun mot n'est assez fort pour décrire la beauté de cette partie de l'Inde.



La seule manière de le découvrir, c'est de le vivre !

5 commentaires:

emma a dit…

ah enfin ,on retourne en Inde! car la grippe A ,je ne veux plus en entendre parler ,je fais comme risette ,un énorme pfffffff...
ça doit être fantastique quand même ce train, ces paysages ...on s'y croit sincèrement .
on t'imagine même en train de négocier d'arrache pied.
dis moi est-ce normal de négocier en Inde? ils sont déjà si pauvres ,que ça pourrait être mal venus de négocier un prix,non?
je sais bien que certains pays pratiquent le marchandage et que d'ailleurs c'est vexant pour eux si on ne cherche pas à négocier mais je ne savais pas que c'était aussi une pratique indienne.

sinon,je ne suis pas parisienne. je peux tenter le train ,tu crois? sourire...

Dana a dit…

J'ai vu il y a quelques jours "Au bord du Darjeeling limited" , je me suis demandé si j'aurais aimé... Ton Inde est très attachante, en tout cas.

risette a dit…

J'ai vécu le train avec mon fils, mais perso ça ne m'a pas fait rire, j'en ai même pleuré ! Trop angoissant, et mon fils fut prit de malaises... bref, un mauvais souvenir...
Je n'ai pas vu du tout le côté luxueux de l'inde, de ce côté nous avons fait deux voyages très différents...
Mais les impressions de bruits, de poussière, de foule, de fourmis, de mouches qui collent, ça c'est les mêmes souvenirs !!!

DIDOU a dit…

@Emma : Je crois que c'est dans la majorité des pays du monde que tu peux négocier, y compris en France. Bon, pas au supermarché, mais sur les marchés, ma femme marchande tout le temps... Quand tu achètes du mobilier ou de l'électroménager, tu négocies tout le temps...
Je crois que ça fait partie de l'ordre normal des choses, que d'indiquer au vendeur qu'on est pas prêt à payer ce qu'il nous demande.

@Dana : J'ai vu "A bord du Darjeeling limited" avant de partir (ainsi que "Slumdog Millionnaire"). Je cherchais à l'époque à me faire une idée de l'Inde. Je n'ai pas trop aimé ce film, trop théatral peut-être. Et Slumdog Millionnaire m'a fait pleurer...
Moi et le cinéma, c'est une relation difficile...

@Risette : C'est pour ça que je distingue les deux parties de notre voyage. A l'extérieur de Bombay, c'est vrai que nous avons vécu dans le luxe. A l'intérieur de Bombay, on a cherché à être plus près des indiens...
Mais j'imagine comme j'aurais paniqué si mon fils avait fait un malaise... Quel horrible épreuve ça a dû être !

emma a dit…

je suis nulle en négociation!!!!!!!
en egypte ,je n'y arrivais pas ...