
Les années 80 ont vu se dérouler mon enfance et mon adolescence. C'est une charnière complète dans ma vie :
En 1980, j'ai 7 ans. Mes parents divorcent. Je pars vivre avec ma mère dans notre ancienne "maison de campagne" (en fait une vieille ferme dont ma mère a hérité). Quand nous arrivons, il n'y a pas l'eau courante intérieure, et le premier hiver, nous nous chauffons grâce au poêle, et au bois que ma mère coupe.
En 1990, j'ai 17 ans. Je viens de décrocher mon bac avec mention (et un an d'avance). Mon enfance est terminée. Je quitte la maison familiale pour étudier à La Rochelle, en classe de Math Sup puis Math Spé. J'y vivrai parmi les plus belles années de ma vie.
En 10 ans, ma vie a choisi son cours. En 10 ans seulement, tout le reste de ma vie va se décider.
Je serai ingénieur, en quoi je ne le sais pas encore, mais mes résultats scolaires indiquent clairement cette voie (qui me semble plus adaptée qu'une école de commerce, que j'aurais pu choisir aussi).
Je voyagerai. Mes parents (ma mère et son "presque-mari" qui m'a élevé) m'ont donné le goût du voyage, en m'emmenant dans beaucoup de pays limitrophes et aux Etats-Unis. Rien de plus loin encore, mais le virus s'est implanté.
Je serai radin. Je n'ai jamais eu l'impression de manquer de quoi que ce soit, mais parce que j'avais pris l'habitude de me contenter de peu. De ce que j'avais en fait. D'où un rapport à l'argent qui fait que je suis plus rassuré avec un peu de réserve.
J'adorerai manger de la bonne bouffe. Ma mère était une merveilleuse cuisinière, et m'a donné le goût de savourer, à défaut de celui de préparer.
Revenons maintenant au tag, même si me relire m'a fait monter les larmes aux yeux (Pourquoi ?).
Objet : Pendant toute cette période, je suis resté accroc aux Playmobils. Il faut dire que j'avais une vaste salle de jeux (en fait l'ancienne étable) qui m'était entièrement dévolue. Cette pièce n'était ni chauffée ni isolée, à peine le sol avait-il été couvert d'une dalle de béton. Mais même au plus fort de l'hiver, où je devais m'harnacher comme un spationaute, je ne pouvais m'empêcher d'aller y jouer.
Garçon oblige, mes histoires étaient surtout à base de far-west. Il y avait, le sheriff et le bon cow-boy, chacun avec leur maison, pas trop loin du fort où le général, courageux mais pas très futé (déjà antimilitariste ?), était prêt à les aider. Il y avait une bande d'outlaws, qui de méchants se transformèrent en gentils lorsqu'ils prirent le village d'assaut, et s'y installèrent pour y faire régner l'ordre et la justice. Il y avait le Receleur, qui avait transformé sa maison en musée et qui avait amassé sa fortune ainsi.
Car l'argent jouait déjà un grand rôle. Il fallait par exemple acheter sa nourriture pour se rassasier (2 Francs le steak, 5 F le rôti, 1 F la portion de légumes). Pour cela j'avais fabriqué des billets de banque, de 10, 20 et 50 F, en plus des pièces de 1, 2 et 5 F que j'avais d'un coffre au trésor. J'avais préparé des chéquiers également, qui ne s'échangeaient pas dans une banque (trop compliqué), mais qui possédait une valeur intrinsèque, un peu comme un chèque au porteur.
Et la plus grande sanction que je pouvais infliger à un personnage tombé en disgrâce à mes yeux, était de le soumettre à une fringale ruinante.
C'était un monde tellement important pour moi, que je regrette presque que mon fils n'y ait pas adhéré...
Evènement : Que dire ? Toute cette décennie me semble, avec le recul, comme un bonheur ininterrompu. Alors que pourrais-je ressortir de marquant ?
Ce concert de Chantal Goya, où j'ai découvert que manger du chocolat en mâchant un chewing-gum dissolvait instantanément le chewing-gum ?
La joie que j'ai ressentie quand j'ai enfin réussi à capturer la larve si vivace, que je guettais depuis plusieurs semaines dans la "piscine" qui s'était transformée en étang pour l'hiver ?
Cet après-midi, où une nuée d'hirondelles nous a sauvé d'un nuage de notonectes qui fuyaient en s'envolant la piscine en cours de purge ?
Livre : "Le Livre des Merveilles" (vie de Marco Polo) ou "Shôgun" (de James Clavel). Ce sont deux livres qui m'ont passionné. Et ils sont certainement à l'origine de mon désir profond de voyager en Extrême-Orient. A part ceux-là, j'étais également fan de la série des "Alice" (en anglais et en vidéo : "Nancy Drew files").
Film : Tout de Louis de Funès. J'en étais un fan inconditionnel.
Série : Les Mystérieuses Cités d'Or ! Sans hésiter ! J'ai toujours été déçu qu'il n'y ait pas une suite (comme le dernier épisode semblait pourtant l'annoncer). Mais ce n'était pas encore la mode des "saisons" pour les séries qui marchent. Je continue de trouver cette série étonnamment bien faite, à tel point que ce fut une des toutes premières que j'ai converties pour que mon fils puisse la découvrir sur sa DS.
Chanson : Je n'ai jamais été un adolescent passionné de musique. En revanche, un air qui me rappelle avec bonheur ce temps-là, un peu comme la madeleine de Proust, est issu des bandes originales des films de Sergio Leone, composées par Ennio Morricone. Je me souviens avoir passé un été entier (j'exagère sans doute un peu), vautré dans le fauteuil de ma chambre, à lire une collection complète de livres de la bibliothèque verte, en écoutant en boucle une vieille cassette des plus grandes musiques d'Ennio Morricone.
Cette décennie était très longue, la prochaine sera forcément plus courte.
En 1980, j'ai 7 ans. Mes parents divorcent. Je pars vivre avec ma mère dans notre ancienne "maison de campagne" (en fait une vieille ferme dont ma mère a hérité). Quand nous arrivons, il n'y a pas l'eau courante intérieure, et le premier hiver, nous nous chauffons grâce au poêle, et au bois que ma mère coupe.
En 1990, j'ai 17 ans. Je viens de décrocher mon bac avec mention (et un an d'avance). Mon enfance est terminée. Je quitte la maison familiale pour étudier à La Rochelle, en classe de Math Sup puis Math Spé. J'y vivrai parmi les plus belles années de ma vie.
En 10 ans, ma vie a choisi son cours. En 10 ans seulement, tout le reste de ma vie va se décider.
Je serai ingénieur, en quoi je ne le sais pas encore, mais mes résultats scolaires indiquent clairement cette voie (qui me semble plus adaptée qu'une école de commerce, que j'aurais pu choisir aussi).
Je voyagerai. Mes parents (ma mère et son "presque-mari" qui m'a élevé) m'ont donné le goût du voyage, en m'emmenant dans beaucoup de pays limitrophes et aux Etats-Unis. Rien de plus loin encore, mais le virus s'est implanté.
Je serai radin. Je n'ai jamais eu l'impression de manquer de quoi que ce soit, mais parce que j'avais pris l'habitude de me contenter de peu. De ce que j'avais en fait. D'où un rapport à l'argent qui fait que je suis plus rassuré avec un peu de réserve.
J'adorerai manger de la bonne bouffe. Ma mère était une merveilleuse cuisinière, et m'a donné le goût de savourer, à défaut de celui de préparer.
Revenons maintenant au tag, même si me relire m'a fait monter les larmes aux yeux (Pourquoi ?).
Objet : Pendant toute cette période, je suis resté accroc aux Playmobils. Il faut dire que j'avais une vaste salle de jeux (en fait l'ancienne étable) qui m'était entièrement dévolue. Cette pièce n'était ni chauffée ni isolée, à peine le sol avait-il été couvert d'une dalle de béton. Mais même au plus fort de l'hiver, où je devais m'harnacher comme un spationaute, je ne pouvais m'empêcher d'aller y jouer.
Garçon oblige, mes histoires étaient surtout à base de far-west. Il y avait, le sheriff et le bon cow-boy, chacun avec leur maison, pas trop loin du fort où le général, courageux mais pas très futé (déjà antimilitariste ?), était prêt à les aider. Il y avait une bande d'outlaws, qui de méchants se transformèrent en gentils lorsqu'ils prirent le village d'assaut, et s'y installèrent pour y faire régner l'ordre et la justice. Il y avait le Receleur, qui avait transformé sa maison en musée et qui avait amassé sa fortune ainsi.
Car l'argent jouait déjà un grand rôle. Il fallait par exemple acheter sa nourriture pour se rassasier (2 Francs le steak, 5 F le rôti, 1 F la portion de légumes). Pour cela j'avais fabriqué des billets de banque, de 10, 20 et 50 F, en plus des pièces de 1, 2 et 5 F que j'avais d'un coffre au trésor. J'avais préparé des chéquiers également, qui ne s'échangeaient pas dans une banque (trop compliqué), mais qui possédait une valeur intrinsèque, un peu comme un chèque au porteur.
Et la plus grande sanction que je pouvais infliger à un personnage tombé en disgrâce à mes yeux, était de le soumettre à une fringale ruinante.
C'était un monde tellement important pour moi, que je regrette presque que mon fils n'y ait pas adhéré...
Evènement : Que dire ? Toute cette décennie me semble, avec le recul, comme un bonheur ininterrompu. Alors que pourrais-je ressortir de marquant ?
Ce concert de Chantal Goya, où j'ai découvert que manger du chocolat en mâchant un chewing-gum dissolvait instantanément le chewing-gum ?
La joie que j'ai ressentie quand j'ai enfin réussi à capturer la larve si vivace, que je guettais depuis plusieurs semaines dans la "piscine" qui s'était transformée en étang pour l'hiver ?
Cet après-midi, où une nuée d'hirondelles nous a sauvé d'un nuage de notonectes qui fuyaient en s'envolant la piscine en cours de purge ?
Livre : "Le Livre des Merveilles" (vie de Marco Polo) ou "Shôgun" (de James Clavel). Ce sont deux livres qui m'ont passionné. Et ils sont certainement à l'origine de mon désir profond de voyager en Extrême-Orient. A part ceux-là, j'étais également fan de la série des "Alice" (en anglais et en vidéo : "Nancy Drew files").
Film : Tout de Louis de Funès. J'en étais un fan inconditionnel.
Série : Les Mystérieuses Cités d'Or ! Sans hésiter ! J'ai toujours été déçu qu'il n'y ait pas une suite (comme le dernier épisode semblait pourtant l'annoncer). Mais ce n'était pas encore la mode des "saisons" pour les séries qui marchent. Je continue de trouver cette série étonnamment bien faite, à tel point que ce fut une des toutes premières que j'ai converties pour que mon fils puisse la découvrir sur sa DS.
Chanson : Je n'ai jamais été un adolescent passionné de musique. En revanche, un air qui me rappelle avec bonheur ce temps-là, un peu comme la madeleine de Proust, est issu des bandes originales des films de Sergio Leone, composées par Ennio Morricone. Je me souviens avoir passé un été entier (j'exagère sans doute un peu), vautré dans le fauteuil de ma chambre, à lire une collection complète de livres de la bibliothèque verte, en écoutant en boucle une vieille cassette des plus grandes musiques d'Ennio Morricone.
Cette décennie était très longue, la prochaine sera forcément plus courte.
12 commentaires:
Ben où ils sont les autres?
Tiens, le premier 33 tours que je me suis acheté quand j'ai de l'argent en cadeau c'était un album des musiques de Western d'Ennio Morricone!
Du coup j'ai fait mes années 60 ;-)
Tu vas pas nous lâcher au fait ou bien si c'est décidé???
... c'est très émouvant ta façon de raconter. une fois de plus ,j'imagine la grange ...tu as l'art de m'entrainer dans ton écriture..
j'ai beaucoup aimé le coup du chewing gum ... c'est tout toi!
j'étais une grande fan de De funès. j'avais l'autorisation de regarder la télé quand il passait et c'était fou rire garanti! un vrai rire d'enfant :)
merci pour cette émotion en tout cas
biz
C'est vrai que tu as quand même un vrai don d'écriture pour un matheux ;-) On s'y voit complètement dans ta grange...
Si te relire te fais monter les larmes aux yeux, ben moi te lire... Heuu... Fait pareil. On y sens toute tes émotions...
Je me faisais une réflexion sur le blog de Ksenia... Comment peut-on avoir le goût de si bien conter les choses et s'imaginer une minute tout arrêter?? Penses-tu ne plus pouvoir jamais gribouiller un texte à la sauvette?
C'est un plaisir de te lire. :)
"Radin"... Pour dire économe?? Ou tu es vraiment radin radin (Comme mon papa qui croulait sous des billets, mais trouvait qu'il était plus intéressant de conserver sa tasse à thé (vide, en gardant le sachet) au frais pour le réutiliser plus tard!! Point de gaspillage disait-il!! lol!!)
eh bien quelle décennie,
je constate en tout cas une chose, c'est que tu n'as pu transmettre ton gout des jeux playmobil à ton fils, nous avons au moins çà en commun, enfin je jouais pas aux cowboys, mais je passais des heures avec mes poupées à inventer des histoires...
Que c'est émouvant de te lire
Pourquoi arrêter quand on a autant de choses à partager ....
Tu es sensible Didou , si sensible
Les playmo , ce n'est pas trop tard , ton fils y viendra peut être dans quelques temps , le mien y joue encore parfois ( 13 ans )
Chantal Goya !!! whaouh ...
je me retrouve dans pas mal de choses , économe et radin ce n'est pas pareil , je confirme
bon je vais chanter pour toi
" a, i , a,i ,a
ya ya ya ..3
t'as reconnu ?
Le bon, la brute et le truand
URGENT !!!!!!!
OFFRE EMPLOI REGION PARISIENNE :
RECHERCHE ACTIVEMENT "chauffeuse" pour conduite VL société du lundi au vendredi, matin et soir uniquement.
Contrat "apprentissage" (car avantages pour employeur radin... pardon ! économe !!)
Profil souhaité : Belle, jeune, intelligente et pas chiante.
Jeune DRH envisageant reconversion professionnelle ACCEPTEE !...et plus si affinités.
Prime mensuelle versée par le fonds blogal de solidarité.
Contact : Adresser CV et lettre dûment motivée avec photo en pied/face/profil/nue à :
DOM'Intérim.
@Ksénia: Pliée de rire, c'est quoi ce DOM'interim??? Rire.
Et pour toi, je fais quoi???
Tu veux dire "Pour vous, je fais quoi ?"
Eh bien, voila ... (chuchotte) En fait, tu sélectionnes parmi les candidates, une moche et muette comme une carpe. Sinon je pressens que Didou va passer le temps de trajet à autre chose qu'à rédiger des billets ! Faudrait pas que la "chauffeuse" le chauffe de trop, tu comprends ?
Si on trouve pas rapidement, on change l'annonce et on recrute un mec tout poilu.
On compte sur toi ! ;-) Il en va de la survie d'un blog auquel on tient !
Shôgun, Enio Morricone, Louis de Funès, je connais plus de tes eighities que des années antérieures.
Un homme économe, voilà ce dont j'aurais eu besoin pour me mettre sous sa tutelle. Mais je compte sur toi pour venir me réprendre sur mon blog en cas de désordre obsessionel compulsif.
Tes premières lignes m'ont particulièrement émue, attachant Didou.
@Mahie : Si, je vais arrêter ce blog, c'est décidé. Mais ça ne veut pas dire "vous lâcher"...
@Emma : ;-) Je suis heureux que mon fils soit à son tour fan de Louis de Funès... La première fois que je l'ai fait regarder "La Grande Vadrouille", il n'arrivait plus à respirer tellement il riait !
@Mahie : Merci ! Mais pffft ! J'aime pas me faire enfermer dans une étiquette... "Matheux", pffft ! Tout ça parce que je sais que 3+3 font 2 (modulo 4!)
@Dominique : Pour le thé euh... Comment dire... Ça m'est arrivé de... enfin... réutiliser un sachet de thé deux fois...
Mais je ne le fais plus ! Promis craché !
Merci pour toutes tes gentillesses !
@MlaFéeClochette : Que veux-tu, on se bat contre une autre époque... Comment jouer aux Lego par exemple si la DS propose "Lego Star Wars" ?
@Jeanne : Tu vois toute la différence entre une chanteuse et moi. Chez moi, le Bon, la Brute et le Truand ça fait :
A I A I A
Ouin, ouin, ouin...
Ksenia : Mort de rire !!!
Deux remarques cependant :
- Si elle est trop parfaite, je papoterai plutôt que d'écrire...
- Et pas de photo nue !!! Imaginer est tellement meilleur que voir !
Sinon, je peux participer au casting, dis ?? Je te promets que je me retiendrai de baver partout !
@Dominique/Ksenia : Non ! C'est pas juste, ça ! Il me faut une femme bavarde et extravertie ! Après poilue ou pas, ça se corrige, ça (mais qu'est-ce que vous me faites dire ??!)... Mais pas de mec pitié ! Sinon je change de job !
@Dana : Pour être économe, j'ai un truc infaillible (pour moi au moins). Quand j'ai envie de m'acheter des bottines (bon, ça n'arrive jamais, mais j'essaye de me mettre dans ta peau), je me demande :
"Est-ce que cet achat ne peut pas attendre la semaine prochaine ?"
Et la semaine suivante, je me repose la même question !
Et promis, avec moi ça marche, je réponds toujours "Oui, je peux bien attendre une semaine..." Et bête comme je suis, je réponds pareil chaque semaine !
Vraiment bien raconté!
Et l'idée de fractionner les réponses en autant de billets permet surement d'aller plus loin, d'être plus complet sans lasser le lecteur et puis, surtout, ce brin de mélacolie ...
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