
Ne vous inquiétez pas, je le sais bien que j'ai été méchant dans le précédent billet !
C'était un douloureux teasing...
Voilà toute l'explication de ce qui vous a embrouillé, et de là où vous vous êtes enflammées.
Vendredi toute la journée, j'ai suivi une formation de "Conduite de Réunion" qui s'apparentait beaucoup à une formation de management / communication.
Nous avons pratiqué différents exercices, des jeux de rôle, et l'un d'entre eux consistait à annoncer de la manière la plus positive possible une mauvaise nouvelle. Dans le cas que j'ai joué, j'incarnais le N°2 d'une PME qui devait annoncer à tous les cadres que le patron avait vendu la boîte familiale au n°1 mondial du secteur. Et croyez-moi, ce n'est pas facile de contrôler une réunion où tous ont des objections. En 1/2 heure, j'étais crevé ! Mais c'était très enrichissant, entre autres parce que cela m'a permis de connaitre mieux ma propre attitude.
Ensuite, après cette formation qui s'est terminée à 17 h, j'ai sauté dans ma voiture pour filer dans mon entreprise. Je sais, embaucher un vendredi à 17h00, ce n'est pas courant...
Mais je ne voulais rater pour rien au monde le pot de départ d'une collègue qui m'est chère. Ne cherchez pas, je ne vous ai jamais parlé d'elle. Elle avait organisé un apéritif d'adieu en fin d'après-midi, pour que chacun puisse se libérer (ce n'était pas qu'à cause de moi), où elle avait invité une centaine d'ex-collègues (97 pour être précis, mais tout le monde s'est moqué de moi quand ils ont compris que j'avais compté le nombre d'invités sur le mail...).
Nous n'étions pas une centaine sur place, mais une bonne cinquantaine, et le champagne a coulé à flots. Oui, du vrai champagne, pas juste du mousseux, car c'était la boîte qui offrait les boissons (signe que B. n'était pas importante qu'à mes seuls yeux). Et la première qui soulève l'interdiction d'alcool au sein d'une entreprise va s'exposer à mes foudres : il faut bien que tout le monde puisse faire la fête, non ?
J'arrête tout de suite les interrogations qui pourraient poindre : même pour B., je n'ai pas bu une goutte d'alcool !
C'est à cette occasion que j'ai parlé de ma formation avec la directrice commerciale (membre du comité de direction), donc de fil en aiguille d'analyse transactionnelle et de théâtre.
Je vous rassure, j'en avais parlé auparavant avec ma RH, qui m'a trouvé une mine fatiguée lorsque je suis arrivé. Elle est trop sympa et prévenante, ma RH ! J'ai même découvert depuis qu'elle connaissait ma date d'anniversaire par cœur ! Quand je vous dis qu'elle est top !
Après le pot qui a duré deux bonnes heures, et pendant lequel certains avaient déjà bien bu, un petit groupe (une vingtaine) s'est dirigé vers un restaurant "ami", celui où l'on va à la moindre fête, situé à 5-6 kilomètres du bureau. J'ai bien gentiment proposé à ma RH de l'emmener. Non, correction ! Elle est venue pour me demander de l'y emmener, après m'avoir demandé avec insistance au cours du pot ce que j'imaginais après.
Forcément, deux mecs passablement éméchés l'ont aussitôt suivie, et nous nous sommes retrouvés à 4 dans la voiture.
Au moins ils sont montés à l'arrière. Ma directrice commerciale n'a pas eu cette chance. Elle, 42 ans, sobre ou quasiment, a emmené un collègue de mon service, 26 ans, déjà bien entamé. Il n'a pas cessé de la draguer pendant tout le trajet (bien 1/4 d'heure), et a même trouvé le moyen de klaxonner une voiture de flics qui passait.
Arrivés au restaurant, malheureusement, ma RH avait le choix de s'asseoir entre moi et les deux ivrognes, ou seule dans un coin "filles". Elle a préféré le coin tranquille, et moi j'étais déjà très content d'être à côté de la reine de la soirée, B !
Elle aussi avait déjà bien bu. Et les échos que j'ai eus après le week-end laissaient entendre que le samedi avait été douloureux pour sa tête et elle...
J'étais donc ravi d'avoir pu ravir B à tous les autres. Nous avons longuement parlé de pleins de choses. Du bonheur, de l'attitude envers autrui, du sens de la vie, de l'évolution de nos vies... Je lui ai dit que si j'avais choisi l'entreprise où nous sommes tous les deux, c'est un peu grâce à elle. Quand j'étais dans ma boite précédente, j'avais eu l'occasion de travailler avec elle sur un projet. Et j'avais adoré le contact qu'on avait eu. Elle était un peu le gage de bonne ambiance et de bon esprit que je n'avais pas dans les autres propositions d'embauches.
Et elle m'a dit qu'elle se sentait jalouse de moi, de la promotion que j'ai récemment eue. C'était dit avec une telle franchise, une telle confiance que c'en était désarmant. Mais nous étions convaincus tous les deux que si elle avait fait d'autres choix, comme celui de rester au service études, je n'aurais peut-être pas été embauché, et elle aurait naturellement hérité de ce poste...
La sincérité et la profondeur de nos propos, alliées sans doute à quelques verres d'alcool, lui a fait couler par deux fois des larmes le long des joues. Oh, comme c'est frustrant ! D'être assis à une table et ne rien pouvoir faire, plutôt que d'être debout et pouvoir la prendre dans les bras, lui montrer toute mon affection. Car je ne la regarde pas du tout comme ma RH, comme une femme. Non, je ne la regarde comme une amie. Et mon envie de la serrer contre moi n'est que de la tendresse fraternelle.
Tout au long de la soirée, j'ai ri, j'ai chanté, je me suis amusé... Tant et si bien que je n'ai quasiment rien mangé... Eh, oui ! Incroyable, non ?
Plus tard dans la soirée, j'ai vécu une scène surréaliste. Je me suis retrouvé à côté d'un collègue passionné d'Histoire, et plus spécifiquement de la seconde guerre mondiale, de ses causes, de son déroulement, et des ses premières conséquences. Il est passionné au point de pouvoir décrire précisément les fautes stratégiques d'Hitler, l'offensive de Yamamoto sur Pearl Harbour, ou l'avancée de Patton dans les Ardennes. De fil en aiguille, nous avons dérivé sur l'histoire des juifs, sur l'inquisition de Torquemada, et sur la chute de Grenade en 1492 et le départ définitif des Maures de la péninsule ibérique. Ce qui était amusant, c'est qu'autant il est érudit sur sa période de prédilection, autant il est très flou sur les autres périodes (il n'arrivait même pas à caler la première croisade !). Moi, j'aime aussi beaucoup l'Histoire, mais dans sa généralité, sans préférence marquée.
En face de nous, un collègue, celui qui avait dragué la directrice commerciale et qui ne s'était pas arrangé depuis, nous regardait avec un air ahuri :
- Mais... Vous êtes en train de faire un cours d'Histoire ??!!?
Encore plus tard, au troisième coup de téléphone de ma femme, je me suis senti obligé de répondre pour lui dire que j'allais bientôt rentrer...
Alors que les plus fêtards (dont ma RH) décidaient de continuer la soirée dans un bar de la capitale, j'ai raccompagné un collègue chez lui, un peu plus loin d'ailleurs que je ne le croyais...
J'ai passé une merveilleuse soirée...
Et ma femme, avec son intérêt habituel sur ce que je fais, ne m'a pas posé une seule question sur cette soirée...
Du coup, vendredi prochain, soirée bowling avec une partie des mêmes (dont B. mais sans ma RH) !
C'était un douloureux teasing...
Voilà toute l'explication de ce qui vous a embrouillé, et de là où vous vous êtes enflammées.
Vendredi toute la journée, j'ai suivi une formation de "Conduite de Réunion" qui s'apparentait beaucoup à une formation de management / communication.
Nous avons pratiqué différents exercices, des jeux de rôle, et l'un d'entre eux consistait à annoncer de la manière la plus positive possible une mauvaise nouvelle. Dans le cas que j'ai joué, j'incarnais le N°2 d'une PME qui devait annoncer à tous les cadres que le patron avait vendu la boîte familiale au n°1 mondial du secteur. Et croyez-moi, ce n'est pas facile de contrôler une réunion où tous ont des objections. En 1/2 heure, j'étais crevé ! Mais c'était très enrichissant, entre autres parce que cela m'a permis de connaitre mieux ma propre attitude.
Ensuite, après cette formation qui s'est terminée à 17 h, j'ai sauté dans ma voiture pour filer dans mon entreprise. Je sais, embaucher un vendredi à 17h00, ce n'est pas courant...
Mais je ne voulais rater pour rien au monde le pot de départ d'une collègue qui m'est chère. Ne cherchez pas, je ne vous ai jamais parlé d'elle. Elle avait organisé un apéritif d'adieu en fin d'après-midi, pour que chacun puisse se libérer (ce n'était pas qu'à cause de moi), où elle avait invité une centaine d'ex-collègues (97 pour être précis, mais tout le monde s'est moqué de moi quand ils ont compris que j'avais compté le nombre d'invités sur le mail...).
Nous n'étions pas une centaine sur place, mais une bonne cinquantaine, et le champagne a coulé à flots. Oui, du vrai champagne, pas juste du mousseux, car c'était la boîte qui offrait les boissons (signe que B. n'était pas importante qu'à mes seuls yeux). Et la première qui soulève l'interdiction d'alcool au sein d'une entreprise va s'exposer à mes foudres : il faut bien que tout le monde puisse faire la fête, non ?
J'arrête tout de suite les interrogations qui pourraient poindre : même pour B., je n'ai pas bu une goutte d'alcool !
C'est à cette occasion que j'ai parlé de ma formation avec la directrice commerciale (membre du comité de direction), donc de fil en aiguille d'analyse transactionnelle et de théâtre.
Je vous rassure, j'en avais parlé auparavant avec ma RH, qui m'a trouvé une mine fatiguée lorsque je suis arrivé. Elle est trop sympa et prévenante, ma RH ! J'ai même découvert depuis qu'elle connaissait ma date d'anniversaire par cœur ! Quand je vous dis qu'elle est top !
Après le pot qui a duré deux bonnes heures, et pendant lequel certains avaient déjà bien bu, un petit groupe (une vingtaine) s'est dirigé vers un restaurant "ami", celui où l'on va à la moindre fête, situé à 5-6 kilomètres du bureau. J'ai bien gentiment proposé à ma RH de l'emmener. Non, correction ! Elle est venue pour me demander de l'y emmener, après m'avoir demandé avec insistance au cours du pot ce que j'imaginais après.
Forcément, deux mecs passablement éméchés l'ont aussitôt suivie, et nous nous sommes retrouvés à 4 dans la voiture.
Au moins ils sont montés à l'arrière. Ma directrice commerciale n'a pas eu cette chance. Elle, 42 ans, sobre ou quasiment, a emmené un collègue de mon service, 26 ans, déjà bien entamé. Il n'a pas cessé de la draguer pendant tout le trajet (bien 1/4 d'heure), et a même trouvé le moyen de klaxonner une voiture de flics qui passait.
Arrivés au restaurant, malheureusement, ma RH avait le choix de s'asseoir entre moi et les deux ivrognes, ou seule dans un coin "filles". Elle a préféré le coin tranquille, et moi j'étais déjà très content d'être à côté de la reine de la soirée, B !
Elle aussi avait déjà bien bu. Et les échos que j'ai eus après le week-end laissaient entendre que le samedi avait été douloureux pour sa tête et elle...
J'étais donc ravi d'avoir pu ravir B à tous les autres. Nous avons longuement parlé de pleins de choses. Du bonheur, de l'attitude envers autrui, du sens de la vie, de l'évolution de nos vies... Je lui ai dit que si j'avais choisi l'entreprise où nous sommes tous les deux, c'est un peu grâce à elle. Quand j'étais dans ma boite précédente, j'avais eu l'occasion de travailler avec elle sur un projet. Et j'avais adoré le contact qu'on avait eu. Elle était un peu le gage de bonne ambiance et de bon esprit que je n'avais pas dans les autres propositions d'embauches.
Et elle m'a dit qu'elle se sentait jalouse de moi, de la promotion que j'ai récemment eue. C'était dit avec une telle franchise, une telle confiance que c'en était désarmant. Mais nous étions convaincus tous les deux que si elle avait fait d'autres choix, comme celui de rester au service études, je n'aurais peut-être pas été embauché, et elle aurait naturellement hérité de ce poste...
La sincérité et la profondeur de nos propos, alliées sans doute à quelques verres d'alcool, lui a fait couler par deux fois des larmes le long des joues. Oh, comme c'est frustrant ! D'être assis à une table et ne rien pouvoir faire, plutôt que d'être debout et pouvoir la prendre dans les bras, lui montrer toute mon affection. Car je ne la regarde pas du tout comme ma RH, comme une femme. Non, je ne la regarde comme une amie. Et mon envie de la serrer contre moi n'est que de la tendresse fraternelle.
Tout au long de la soirée, j'ai ri, j'ai chanté, je me suis amusé... Tant et si bien que je n'ai quasiment rien mangé... Eh, oui ! Incroyable, non ?
Plus tard dans la soirée, j'ai vécu une scène surréaliste. Je me suis retrouvé à côté d'un collègue passionné d'Histoire, et plus spécifiquement de la seconde guerre mondiale, de ses causes, de son déroulement, et des ses premières conséquences. Il est passionné au point de pouvoir décrire précisément les fautes stratégiques d'Hitler, l'offensive de Yamamoto sur Pearl Harbour, ou l'avancée de Patton dans les Ardennes. De fil en aiguille, nous avons dérivé sur l'histoire des juifs, sur l'inquisition de Torquemada, et sur la chute de Grenade en 1492 et le départ définitif des Maures de la péninsule ibérique. Ce qui était amusant, c'est qu'autant il est érudit sur sa période de prédilection, autant il est très flou sur les autres périodes (il n'arrivait même pas à caler la première croisade !). Moi, j'aime aussi beaucoup l'Histoire, mais dans sa généralité, sans préférence marquée.
En face de nous, un collègue, celui qui avait dragué la directrice commerciale et qui ne s'était pas arrangé depuis, nous regardait avec un air ahuri :
- Mais... Vous êtes en train de faire un cours d'Histoire ??!!?
Encore plus tard, au troisième coup de téléphone de ma femme, je me suis senti obligé de répondre pour lui dire que j'allais bientôt rentrer...
Alors que les plus fêtards (dont ma RH) décidaient de continuer la soirée dans un bar de la capitale, j'ai raccompagné un collègue chez lui, un peu plus loin d'ailleurs que je ne le croyais...
J'ai passé une merveilleuse soirée...
Et ma femme, avec son intérêt habituel sur ce que je fais, ne m'a pas posé une seule question sur cette soirée...
Du coup, vendredi prochain, soirée bowling avec une partie des mêmes (dont B. mais sans ma RH) !
8 commentaires:
Y a quand même beaucoup de fezmmes dans ton entreprise d'hommes !!!
@Risette : Oui... Bon... Dés que tu es vexée, tu ne lâches rien, toi !
Mais il y a largement plus d'hommes, si je n'en parle pas c'est qu'ils sont largement moins intéressants...
ah je t'adore didou, vraiment je t'adore !!
:)
"j'ai ri, j'ai chanté, je me suis amusé... Tant et si bien que je n'ai quasiment rien mangé... "
En voilà une bonne recette pour maigrir, d'ailleurs Jeanne nous en a parlé aussi dans une de ses notes.
Alors, vous vous êtes entraînés à annoncer de mauvaises nouvelles, tu pourras donc être le collègue de George Clooney si jamais il tourne une deuxième partie de "Up in the air", il joue le rôle d'un mec qui doit annoncer aux gens qu'ils sont virés : (
Sinon, pareil à Emma !
oui, c'est bien pour garder la ligne , chanter , causer et picoler !!
j'aime te lire dans ces moments heureux
c'est quand même étrange l'indiferrence de ta femme
elle sort de son côté ?
J'aime bien raconté à mon homme mes soirées et lui , même à 3 h du mat il me demande toujours " c'était bien ?"
je suis curieuse , j'aimerais bien savoir dans quelle boite tu travailles
tu me diras en secret ?
@Emma : Ohoh... Quand tu dis des choses comme ça, c'est que j'ai dit des bétises...
C'est pas grave, dis ? Hein ?
@Dana : Ne pas manger, quand tu me connais, c'est comme une cigale qui devient fourmi... Impensable !
Le mec qui nous a fait la formation était vraiment incroyable. Il nous a raconté ses expériences vécues, dont une où il devait fermer un magasin d'équipements sportifs qui n'allait pas bien depuis des années (il est consultant en management). Il a présenté aux employés ce qui peut sembler une catastrophe d'une manière impressionnante. En substance, il a dit "Vous en avez marre de ne plus avoir de primes, de vous démener pour un magasin vide, de vous serrer la ceinture sans résultat ? Moi je vous propose : des possibilités de primes, etc..." Et il leur a décrit leur reclassement dans les magasins de la région (à 30-50 km) en obtenant leur adhésion...
Comme quoi communiquer est à la fois un art et une technique...
@Jeanne : Oui, ma femme sort parfois avec des copines. Ou essaye de sortir, car ses plans ne sont pas toujours aussi bien huilés que les miens, et beaucoup tombent à l'eau...
Mais moi je fais l'effort de m'intéresser à ce qu'elle a fait, je pose des questions... Même si je m'en fous, remarque...
Mais au moins n'a-t-elle pas ce sentiment d'indifférence...
merci didou, merci merci merci !!
et au risque de me repeter : prends soin de ta femme
@Nine : Merci... de quoi ? C'est plutôt à moi de te remercier de passer et de nous faire rêver (ou baver) sur ton blog...
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