jeudi 13 mai 2010

Parents


J'ai une désagréable impression à chaque fois que je viens voir mes parents, seul avec mon fils. L'impression est toute autre quand ma femme est avec moi, sans que je réussisse à saisir qui change d'attitude.

Pendant toute cette semaine, je me sens comme si je n'avais pas grandi, et que j'étais toujours l'enfant ou l'adolescent qui vivait avec eux.

C'est encore plus marqué lorsqu'on rend visite à des membres de la famille. Là, j'ai l'impression d'être considéré comme le fils de famille que l'on va montrer à la famille qui ne l'a pas vu depuis longtemps.

C'est particulièrement désagréable, et je me rends compte que cet inconfort joue sur ma façon de me comporter. Et du coup mon séjour chez mes parents, qui devait être un plaisir, tourne parfois à l'aigreur.

Ce qui est d'autant plus remarquable, c'est le contraste qui existe entre mes vacances à Perpignan (chez mon père et sa femme) et celles à Poitiers (chez mes parents, c'est-à-dire ma mère et son mari).
D'un côté les premières sont calmes, reposantes, programmées avec une activité par jour. On sent aussi que mon père est à la retraite et profite bien de son temps libre. Il prend le temps de le passer avec nous. D'où un rythme apaisé, agréable, doux.
De l'autre côté, mes parents (à la retraite aussi) ne changent pas leur rythme de vie effréné pendant ces vacances. Évidemment, ils proposent des sorties, des activités. On est loin de s'ennuyer ou de se sentir délaissés. Mais comment dire ? Il y a toujours tellement de travail d'entretien autour de la propriété, qu'il n'est pas possible de garder longtemps mon (beau) père à la maison. Et ma mère est également toujours en mouvement (et en paroles aussi). L'atmosphère est tellement différente de la quiétude de Perpignan.

Alors vous allez me dire : c'est la différence entre être invité, et être chez soi... Ce n'est sans doute pas faux. Mais comment préférer être invité plutôt que chez soi ?

11 commentaires:

risette a dit…

Ah c'est drôle, je suis dans la même situation...
Maman et mon beau père me reçoivent toujours qu'à moitié, et je suis chez eux une enfant de 17 ans ( à peine).
Chez mon père, je suis chez un ami qui arrête son rythme pour me recevoir... On prends le temps de parler, echanger, raconter, partager...
Difficile à dire comment je reçois... je suis une hyper active, j'ai du mal à me poser !
Rires... En formation par exemple, qu'est-ce que c'est dur de rester assise une journée à écouter quelqu'un blablater... ca fait toujours rire, mes compatriotes, je ne peux pas, je ne sais pas rester assise comme ça...
Du coup est-ce que quand je reçois je reste en place ? non ! Alors est-ce que mes invités se sentent comme chassés par mes mouvements ? Je ne sais pas...
je disgresse...

Mahie a dit…

Oui mais chez toi tu n'est plus chez toi... Et ça ça fait une différence... Maintenant tu es un adulte et là-bas tu te sens considéré comme le petit garçon, c'est très désagréable...
Les mères sont plus comme ça.
Ton père est plus détaché et peu te considérer comme un ami, comme un invité.
Ta mère elle est peut dans l'idée "Oui mais enfin c'est quand même mon fils!".
Quand j'arrivais seule chez ma mère (une fois adulte)elle pouvait me présenter des restes pour le diner et ne pas avoir fait la poussière dans ma chambre. Ce qu'elle n'aurait pas fait si j'arrivais avec mon mari (ex-compagnon e veux dire)... Devant qui elle mettait les petits plats dans le grands, un accueil charmant, une conversation distinguée...
Mais si je venais seule, j'avais plus ou moins l'impression de la dérangée dans ces petites habitues de veuves... Quand mon père était là c'était forcément plus chaleureux, parce qu'elle était plus ouvertes aux autres.
Enfin tout ça pour dire que ça me semble assez courant d'être mieux accueilli quand on est en couple que quand on est seul chez sa mère...
Et avec ton fils comment ça se passe? Est-ce qu'elle te fait sentir qu'elle aimerait mieux être seule avec lui et qu'elle s'occuperait mieux de lui que toi?

ksenia a dit…

Le problème ne se pose pas, je n'ai plus mes parents depuis bien longtemps.

Quand je reçois, je me comporte de façon très maternelle. Je suis soucieuse du bien-être des mes invités, je leur consacre du temps, je leur organise des sorties en fonction de leurs goûts et moyens.
C'est pas pour rien que j'envisageais d'ouvrir des chambres d'hôtes un moment. J'ai laissé tomber l'idée car mon mari ne partageait pas mon enthousiasme et souhaitait pouvoir continuer à profiter de ses week-end et vacances sans avoir à se soucier des autres.
Depuis, suite à quelques désillusions concernant la nature humaine, je me félicite de ne pas avoir donné suite à ce projet.

DIDOU a dit…

@Risette : Ça me fait plaisir de savoir que je ne suis pas le seul à réagir comme ça. Quand on reçoit (pas si souvent, car en appartement, c'est pas si facile), je crois qu'on cherche à prendre le temps d'être avec nos invités, de profiter d'eux. Mais encore une fois, en appartement, on est beaucoup plus obligé de vivre tous ensemble.

@Mahie : Par rapport à mon fils c'est encore plus difficile à gérer, car elle utilise les mêmes formulations avec lui qu'avec moi. D'où parfois des réponses simultanées, car chacun de nous croyait qu'elle s'adressait à soi. C'est ce genre de choses qui m'énerve et me donne l'impression d'être traité en gamin...

@Ksenia : Ouvrir une chambre d'hôte doit être une vraie contrainte ! Accepter d'être là tout le temps pour les clients, et spécialement aux périodes climatiquement agréables où l'on pourrait, sur un coup de tête, faire un week-end improvisé...
J'aurais voté comme ton mari !

Jeanne a dit…

C'est pas facile de "rentrer "
retourner à ses origines , je comprends bien ce que tu décris
Quand je vais chez mes parents sans mon mari , mon père me revoit comme une gamine , il ne met sert pas de vin à table , passe son temps à ranger derrière moi
Je compose ...
Avoir deux maisons, c'est pas si simple, toi et Risette vous avez cette histoire en commun ,des parents qui ont construit leur vie après une séparation
j'aime bien lire vos ressentis
Une semaine , c'est long en fait
je crois que j'en aurais marre au bout de trois jours

et ton fils , il doit être chouchouté ?

nine a dit…

hehehe... quand ta femme est la, tu es un homme marie venu avec celle qui lui as "pris" son fils, quand elle n'est pas la tu es le fiston a sa maman et ton fils est ton petit frere.
Le role a tenir n'est pas le meme, pour personne, dans les 2 cas.
C'est marrant que ca te gene de te sentir enfant ou ado. Tu devrais en profiter, te laisser chouchouter :)

Je dis ca mais je fais pareil... ca m'enerve d'etre encore consideree comme la fifille-a-son-papa, a qui il dit "ne te couche pas trop tard" quand il me trouve affalee devant la tele a 1h du mat'.
Mais on l'est forcement un peu a vie, non ? Et c'est precieux car tout le monde ne peut pas en dire autant

Dominique a dit…

J'ai du mal à m'expliquer comment on peut se sentir comme un invité chez ses parents... C'est sans doute culturel...

Pour "le fils de famille que l'on va montrer à la famille qui ne l'a pas vu depuis longtemps." Et ben chez moi, c'est limite si toute la ville n'est pas avertie... Sourire. [C'est plutôt agréable, je suis grande feignante, alors si on peut s'occuper de moi, je ne rechigne pas... Oh! que non... Des fois je me dis, si j'avais une belle mère envahissante et qui prendrait plaisir à s'occuper de son fils et de ses petits enfants... Eh ben, elle aurait sa chambre à la maison! Pourvu qu'elle me laisse mes nuits... Tout de même! ;)]

risette a dit…

J'ai pensé à toi. Hier ma mère est venue me rendre visite avec mon grand père à l'improviste. Naturellement, je les installe dans la jardin, et leur propose un truc à boire.
Maman n'a pas aretté une seconde de ma dire : T'as un truc à faire, vas-y, laisses-nous fais ce que t'as à faire, fais comme si nous n'étions pas là... J'en déduis qu'elle ne sait pas nous laisser la recevoir non plus. Finalement, elle a pendu mon linge, coupé mon lilas, rangé ma cuisine... Moi je faisais bronzette en taillant une bavette avec mon grand père...

DIDOU a dit…

@Jeanne : Non seulement mon fils est chouchouté, mais je crois qu'il se sent encore plus chez lui que moi... Il vit dans cette maison environ 3 mois par an depuis qu'il est né. En plus, pour un enfant, c'est si facile de s'adapter, de se sentir bien partout...
Eux n'ont pas à se soucier de la face cachée des choses...

@Nine : Tu as raison, c'est quelque part une chance. Et d'une manière générale, on n'est jamais satisfait de ce qu'on a !
Toi affalée devant la TV ? Houla ! Un mythe s'écroule !!

@Dominique : Oui, ça peut être agréable qu'on s'occupe de toi. Mais mes parents n'ont pas non plus l'âge qu'ils avaient quand moi j'étais gamin. Donc je sens encore plus le besoin de les aider qu'avant, et je n'accepte pas de rester à être choyé sans rien faire.

@Risette : J'imagine tellement ça... Ma mère n'ose pas trop avoir cette attitude à la maison, car elle sait que ma femme ne l'accepterait pas. Mais je suis persuadé qu'elle adorerait que cela se passe comme tu le décris.
Et laisse-moi parier une chose : dans 15 ou 20 ans, tu seras pareil, avec tes enfants !

risette a dit…

J'espère que non, mais y a des chances oui...

Vonric a dit…

Entre Didou qui dit: "chez mon père et sa femme" et "mes parents, c'est-à-dire ma mère et son mari", ou risette avec "Maman et mon beau père" et "Chez mon père" (et non papa) il est intéressant de voir la psychologie que laisse apparaître l'usage des mots.
Serait-ce tout simplement qu'ayant été, comme beaucoup, élevé par la mère après le divorce, l'image du père en devient plus lointaine ?

Ceci dit bien que j'ai remarqué ne plus avoir droit au "ne te couche pas trop tard" depuis longtemps (que j'ignorais de toute façon), si je me plein d'être fatigué ou malade j'ai tout de même un "il faudrait te coucher plus tôt" (pas faux!) ;-)